

CARE International et son partenaire SMM ont conduit un atelier de revue après actions à mi-parcours du projet LDSC, mis en œuvre dans la zone de santé de Musienene (aires de santé de Ivatama, Katolo et Kimbulu), territoire de Lubero au Nord-Kivu en Février 2026.
Dans un contexte marqué par les déplacements récurrents, l’insécurité alimentaire et les risques accrus de violences basées sur le genre (VBG), cette revue avait pour objectif d’analyser les progrès réalisés, identifier les défis et ajuster stratégiquement les actions pour la période restante du projet (juin 2025 – juin 2026).
Des résultats encourageants à mi-parcours
L’analyse du cadre de résultats montre une performance globalement satisfaisante :
- 61 994 personnes atteintes (135 % de la cible)
- 40 297 femmes et filles (133 %)
- 21 697 hommes et garçons (138 %)
- Sécurité alimentaire renforcée
- 1 300 ménages (100 %) ont bénéficié des vivres et intrants agricoles
- 65 Champs Écoles Paysans (CEP) opérationnels
- 76 % des agriculteurs formés appliquent les pratiques agricoles durables
- 65 % des ménages rapportent une amélioration de la diversité alimentaire
- 70 % des ménages présentent un score de consommation alimentaire acceptable
- 87 % des bénéficiaires sont satisfaits de la qualité de l’assistance
Les premières distributions ont contribué à une diversification alimentaire immédiate et à une amélioration des moyens de subsistance.


Genre, protection et cohésion sociale
Le projet démontre également des avancées significatives en matière de genre et protection :
- 63 % des femmes participent activement aux décisions du ménage
- 72 % des femmes et filles déclarent se sentir en sécurité face aux risques de VBG
- Renforcement de la cohésion sociale entre déplacés internes (PDI) et familles hôtes
- Mise en place de mécanismes de plaintes fonctionnels et accessibles
L’approche participative et l’implication des leaders communautaires dès le démarrage ont favorisé l’appropriation locale et réduit les tensions communautaires.
Défis identifiés
Malgré ces avancées, certains retards nécessitent une attention particulière :
- 40 % de réalisation des sensibilisations de masse sur les VBG
- 0 % de mise en place des groupes des hommes engagés et formation en masculinité positive
- Retard dans certaines formations agricoles (6 sur 25 réalisées)
- Faible encadrement individuel (environ 250 ménages par agronome)
- Contraintes climatiques (pluies abondantes, inondations), sécuritaires et foncières
Ces défis appellent à une intensification des actions de protection, un renforcement de la planification opérationnelle et une amélioration du suivi technique.
Bonnes pratiques et leçons apprises
Plusieurs bonnes pratiques ont émergé :
– Implication précoce des leaders communautaires
– Ciblage participatif validé par la communauté
– Bureau de gestion des plaintes ad hoc sur les sites de distribution
– Désignation de points focaux agronomes pour chaque CEP
– Coordination active avec les parties prenantes
Leçon clé : l’engagement communautaire anticipé et la transparence renforcent l’acceptation, la durabilité et l’impact des interventions.
Priorités pour la période restante
Pour consolider les acquis, le projet prévoit :
- L’élaboration d’un plan de travail détaillé avec indicateurs et responsabilités claires
- L’intensification des réunions de coordination
- Le renforcement des formations pratiques agricoles (avec démonstrations et matériels didactiques)
- La réduction du nombre de ménages par agronome pour un meilleur encadrement
- L’accélération des formations en VBG, masculinité positive et hommes engagés
- Le renforcement de la sensibilisation des femmes sur les mécanismes de plaintes
Vers un atterrissage en douceur
Malgré un contexte marqué par l’instabilité sécuritaire, les contraintes climatiques et les défis fonciers, les résultats à mi-parcours montrent que le projet LDSC est sur une trajectoire positive vers l’atteinte de ses objectifs.
La réussite et la durabilité des acquis dépendront d’une coordination renforcée, d’une planification proactive et d’un engagement communautaire continu.
Le projet LDSC reste ainsi un levier important pour améliorer la sécurité alimentaire, renforcer les moyens de subsistance et réduire les risques de violences basées sur le genre à Musienene.

